mardi 16 juin 2009
ça, c'est beau.
Francis Ponge : Pluie
La pluie, dans la cour où je la regarde tomber, descend à des allures très
diverses. Au centre c'est un fin rideau (ou réseau) discontinu, une chute
implacable mais relativement lente de gouttes probablement assez légères, une
précipitation sempiternelle sans vigueur, une fraction intense du météore pur. A
peu de distance des murs de droite et de gauche tombent avec plus de bruit des
gouttes plus lourdes, individuées. Ici elles semblent de la grosseur d'un grain
de blé, là d'un pois, ailleurs presque d'une bille. Sur des tringles, sur les
accoudoirs de la fenêtre la pluie court horizontalement tandis que sur la face
inférieure des mêmes obstacles elle se suspend en berlingots convexes. Selon la
surface entière d'un petit toit de zinc que le regard surplombe elle ruisselle
en nappe très mince, moirée à cause de courants très variés par les
imperceptibles ondulations et bosses de la couverture. De la gouttière attenante
où elle coule avec la contention d'un ruisseau creux sans grande pente, elle
choit tout à coup en un filet parfaitement vertical, assez grossièrement tréssé,
jusqu'au sol où elle se brise et rejaillit en aiguillettes
brillantes.
Chacune
de ses formes a une allure particulière: il y répond un bruit particulier. Le
tout vit avec intensité comme un mécanisme compliqué, aussi précis que
hasardeux, comme une horlogerie dont le ressort est la pesanteur d'une masse
donnée de vapeur en précipitation.
La
sonnerie au sol des filets verticaux, le glou-glou des gouttières, les
minuscules coups de gong se multiplient et résonnent à la fois en un concert
sans monotonie, non sans délicatesse.
Lorsque
le ressort s'est détendu, certains rouages quelque temps continuent à
fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s'arrête. Alors
si le soleil reparaît tout s'efface bientôt, le brillant appareil s'évapore : il
a plu.
(Le
Parti pris des choses)
mardi 13 janvier 2009
Serge Wellens à Poitiers
Vendredi 23 janvier 2009,
à 20h30, au Carré Bleu (rue de Nimègue, Poitiers),
A l'initiative de la Maison de la Poésie de Poitiers,
L'on pourra rencontrer et écouter Serge Wellens,
Auteur, entre autres, de
- Il m'arrive d'oublier que je perds la mémoire, éd. Folle Avoine, 2006
- Les mots sont des chiens d'aveugle, éd. Folle Avoine, 2001
- La concordance des temps 1956-1996, Folle Avoine, 1997
mercredi 7 janvier 2009
Neige
Marrant comme des vers appris à huit ans peuvent rester. Alors que sous ma fenêtre, du sable est semé dans les rues, je recherche l'auteur de ces "semelles de neige qui nous [ont] surpris dormant", et qui me trottent dans la tête depuis une semaine ; merci google, je pose enfin un nom sur ce qui est en fait :
[...] C'est la neige,
l'hiver blanc
sur ses semelles de liège
qui nous a surpris, dormant.
Charles Gros
Monde, ce soir, je dormirai mieux.
samedi 19 avril 2008
Césaire
Lutteur il souffle sur
des tisons
Son visage mal géré par
la nuit
D’où la trompe de ses
lèvres siffleuses à serpents
Imagine mal un corps
torturé dans l’oubli
Homme sombre qu’habite
la volonté du feu
Quand un vol d’insectes
s’éparpille dans sa faim
Et que seuls les tisons
de ses yeux ont bien pris
Mince tison il est
celui qui
De sa grêle coquille et
parmi une forêt qui défiera
Le complot d’évêques
des latérites porte le saut d’un fût
Dans un secret si clair
qu’aucun homme ne l’a cru
Aimé Césaire,Mort à l’aube
mardi 18 mars 2008
Emaz !
Dans certains poèmes, on entend tousser. Tout le monde n'est pas marathonien.
Antoine Emaz, Lichen, lichen, Editions Rehauts
mardi 29 janvier 2008
Jacques Roubaud à Poitiers !
Le Jeudi 31 Janvier
de 14h à 18h
UFR Lettres et Langues, Poitiers
Amphi 1,
" Autour de Quelque chose noir : Rencontre avec Jacques Roubaud"
(conférences et table ronde)
Organisé par la Maison de la Poésie de Poitiers,
Le lycée Camille Guérin
Et la faculté des lettres de Poitiers.
dimanche 4 novembre 2007
Vincensini, si !
Le jeudi 15 novembre, à 20h00,
au 52bis, avenue de l'Europe,
à Poitiers,
La Maison de la Poésie de Poitiers vous convie, gratuitement,
A une soirée autour du poète Paul Vincensini,
Et présentée Par Michel Rouquette.
Au menu :
Lecture, discussion,
Présentation d'un court-métrage consacré au poète,
Atelier d'écriture à partir des textes de Paul Vincensini.
Qu'on se l'écrie, qu'on se l'écrive. Oui.
Edith : Oui, mais en fait non, parce que grève des trains... Alors la soirée est reportée au
JEUDI 29 NOVEMBRE
Même heure, même programme.
jeudi 27 septembre 2007
Neruda Live à Poitiers !
...ou prèsque...
Mercredi 3 Octobre 2007, 18h
Amphithéâtre de la Maison des Sciences de l'Homme et de la Société,
99 rue du recteur Pineau, Poitiers :
NERUDA VOLANDO,
montage poétique à deux voix autour de l'oeuvre du poète, suivi d'un film inédit. Avec les voix de Marie-Laure Sara et Fernando Moreno
Jeudi 4 Octobre, 20h30
Médiathèque de Poitiers
PABLO NERUDA ENTRE LES PEUPLES ET L'OCEAN
Conférence par Alain Sicard
Le tout organisé par la Maison de la Poésie de Poitiers, et le Centre de Recherches Latino-Américaines de l'Université de Poitiers. Entrée Libre.
Alors, heureux ?
vendredi 14 septembre 2007
Jacques Ancet
Le mercredi 19 septembre, à 20h30,
Lecture rencontre avec Jacques Ancet, poète d'Annecy,
à la Maison de la Poésie de Poitiers.
(52 bis , Boulevard de l'Europe. Contournez le bâtiment jusqu'à ce que, sous vos yeux ébahis, se profile l'entrée de la salle.)
vendredi 12 janvier 2007
James Sacré
Donc, hier soir, James Sacré est venu à Poitiers. Il a lu ses textes (beaux...), il a papoté le bout de gras. Un gentil Monsieur. Ce qui m'a tout de même interpellé, c'est son systématisme à inclure les mots "poême" et "poésie" dans chacun de ses textes. De parler, dans ses poèmes, du fait ... qu'il écrit de la poésie.
Je lui ai donc posé la question. Du moins, fait remarqué, pour qu'il m'en dise un peu plus. Il m'a répondu qu'il s'agit là (entre autres) d'une manière de questionner l'acte poétique : peut-on être réellement sûr que ce que l'on écrit est un poème ?
(N'empèche, ça aurait un tantinet tendance à m'agacer, cet aspect des choses ; comme un photographe qui incluerait systématiquement à ses compositions l'écriteau "ceci est une photographie"...)
Mais tout cela ne tombe pas si mal pour mon sujet de mémoire (j'avais décidé de le recentrer sur l'usage du mot "poésie" aujourd'hui ; James, merci pour ces lacs apportés à mon moulin !)

