Urbi et Orbi

Bonjour ville et salut monde. Images et textes par François Bonneau, Poitiers

jeudi 6 mars 2008

Merci, madame.

Une révolution huit-marsienne  cette  année : la journée DE LA femme s’est un peu partout mutée en journée DES femmes (Nous progressons…). Certaines entreprises offrent des roses aux employées, leurs souhaitent « bonne fête » (…mais tout n’est certes pas gagné.) Je passerai sous silence certains rassemblements indigents, élaborés pour nous rappeler que les femmes sont de sexe féminin. Non, l’autre bonne surprise cette année fut un article d’Irène Théry (dans l’actuel Télérama). Une phrase en exergue : « Le genre masculin ou féminin n’est pas une identité de la personne, mais une manière d’agir ». Joli renouvellement des questions de genre. Et c’est pas tout : la sociologue a une manière de penser le droit de vote féminin dans l’histoire, la différence personne-individu, la troisième personne grammaticalement sexuée particulièrement maligne. Tout cela avant de défendre l’homoparentalité d’une manière assez irréfutable. Si vous ne voulez pas payer pour lire… allez en médiathèque. Ça vaut le coup. (…et ça nous change de certains blogs féministes et lamentables, qui assènent que « qui n’est pas féministe est favorable aux violences faites aux femmes. » Si si, j’ai déjà lu ça.)

La fête des gens, c’est tous les jours. Bonne fête, les gens.

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vendredi 27 juillet 2007

Je suis en colère contre Coline Serreau.

Je viens de voir le film Chaos. Monstrueusement androphobe.
Un couple en voiture assiste à l’agression d’une jeune fille. Le mari ferme les portes, et nettoie le sang répandu sur le pare-brise. Sa femme, le lendemain, recherche l’agressée, la retrouve en réanimation dans un hôpital, et commence à la veiller. Les agresseurs reviennent : des proxénètes. Elles s’échappent. Se racontent leurs vies. Vies qui se téléscopent.
Ici, les femmes incarnent donc très explicitement la vertu (don de soi, intelligence, force de caractère…). Les hommes sont fatalement lâches, mafieux, libidineux sans sentiments, certains sont simplement mauvais fils et mauvais pères, d’autres vendent leurs filles ou mettent celles des autres sur le trottoir. Ils évoluent dans une gamme qui va du médiocre à l’insupportable. Pas un personnage du film n’échappe à ce schéma. J’ai longtemps cherché.
Si le féminisme existe pour réclamer et faire justice, alors chaos n’a absolument rien de féministe.
Le sexisme injuste, pratiqué au féminin, existe ! La parité du machisme est là depuis longtemps ! Rappelons-le parfois !

 

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jeudi 8 mars 2007

Journée de la femme

Bonne journée à toutes les femmes, donc. Pas aux autres. C''est pas leur journée...

Quelle absurdité, tout de même... Entre la fête des grands-mères et la journée mondiale sans tabac ! Brétecher a dessiné, il y a quelques années, une planche sur laquelle un homme déclamait à sa femme bien des louanges sur ladite journée, avant de répondre aux aboiements de son chien par un "mais oui, un jour, tu l'auras aussi, ta journée..." Décidemment maline, l'auteur des Frustrés.
J'ai peur de la montée d'un féminisme sans humanisme, d'un féminisme basé sur l'opposition plutôt que sur la construction. J'ai peur que "masculin" ne soit plus qu'un synonyme d'"oppresseur"...
Les femmes sont des gens ! Et alors ? Nous aussi !

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vendredi 17 novembre 2006

L'homme et la machine

D'un clic hasardeux, je me suis retrouvé sur un blog estampillé "de filles". La première page narrait les déboires de l'auteure, qui tentait d'inculquer à son conjoint les rudiments théoriques du lavage de linge en machine.Le tout dans un style très acceptable, jurant avec un fond de phalophobie non dissimulé. S'en suivaient force commentaires, surtout des variations autour de "mon homme est bien éduqué, il repasse", où "l'Homme est une étrange créature, peu capable de ..."

Je me suis donc fendu d'un petit commentaire, soulignant sans véhémence la mysandrie, le machisme de ces pages. Et l'on m'a répondu : "ici c'est un blog de filles, on écrit ce que l'on veut".

Fort bien ; qu'on m'appelle andouille.

Merci, donc, mais j'avais cru comprendre le caractère "espace virtuel de libre d'expression" inhérent aux blogs ; et si il existe une liberté d'écrire, chacun dispose justement d'un droit de réponse. A coups de "j'écris ce que je veux ", "je réponds ce que je veux", l'échange n'a que peu de chances d'avancer. Il me semble, d'ailleurs, qu'il était dans l' interêt de l'auteur de fermer l'échange le plus rapidemment possible... Elle ne pouvait décemment répondre, en toute bonne foi, ni "bah oui, nous nous gaussons de la moitié de la population, parce qu'elle est née comme telle", ni "mais non, on est pas machos, seulement l'Homme est ainsi." ...

A dire vrai, je ne crois pas qu'elles pensaient spécialement à mal. Je crois qu'elles rigolaient entre copines, sans aucun but sournois. On voyait bien dans ces commentaires le jeu de la surenchère : celles qui ont mieux que les autres, celles qui aimeraient qu'on les plaigne, celles qui veulent être les plus drôles...

Je dis "celles", c'eut pu être "ceux". Il me semble que les mecs entre eux peuvent avoir des réactions tout aussi tartes.

Cela paraît tout de même coroborer cette idée que je me fais de la manière dont sont perçus les hommes de nos jours. Une vision des hommes déformée, stéréotypée, partielle, peu imaginative et tranquilement dénigrante. La parité est là : le machisme est aussi bien représenté chez les femmes que chez les hommes.

J'ai donc peur que nous soyons entrés dans une ère d'étroitesse d'esprit fataliste. (Dans laquelle on peut régulièrement entendre, en à peine déguisé :"c'est pas de leur faute, ils sont comme ça. Ils sont comme cela parce qu'ils sont cela.") (Voire parfois, à l'instar d'un Martin Tupper (qui le fait d'une manière plus maline), "nous n'avons rien à voir avec tout cela, et rien de tout cela non plus n'a quoi que ce soit à voir avec nous.")

Posté par urbietorbi à 17:31:00 - Manchettes (les boutons de) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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