mercredi 24 janvier 2007
La langue de la foule...
R. Georgin, Grammairien, a tout de même déclaré en 1951 :
« la langue parlée, c’est la langue de la foule, souvent ignorante, superficielle et irréfléchie. Si la loi du nombre triomphait, le français s’en irait à vau-l’eau. Une langue de culture et de vieille civilisation comme la notre, qui a derrière elle tout un passé glorieux de chefs d’œuvre littéraires, se doit de luter contre l’invasion de la barbarie, contre le flot des incorrections, des déformations, des contresens, qui finiraient par la submerger. [...] Le grand brassage des classes qu'a été la première guerre mondiale, puis, entre les deux guerres, le développement et la puissance de diffusion de la radio, dont les ondes répandent le langage le plus impropre et le plus prétentieusement maladroit, la surproduction littéraire, l'abaissement du niveau moyen des classes dirigeantes et des milieux politiques, enfin la drôle de guerre et ses suites, tout a contribué à accentuer le fléchissement"
(cité par Evelyne Charmeux dans Le bon français et les autres, normes et variations du français d’aujourd’hui, milan, 1989, p.124 126)
Donc, en résumé, si la langue de 1951 était si mauvaise, cela était dû à la populace, pervertie par des brassages de population ("de classes"...), d'ou découlait une impureté culturelle regrettable...
Si le normatif austère et rigide peut ne pas soulever l'enthousiasme, nous sommes avec ce texte bien au delà. Ce type prônait tout de même une langue plus pure pour une population pure... Effrayant.
(Il fut aussi l'auteur de la phrase "Les fautes contre la langue sont graves parce qu'elles portent témoignage d'une décadence des moeurs et de l'esprit public »... édifiant.)

